SI SPECIAL ETE 97

le techno-quotidien

dessin Enrico

La magie du déplacement

Vincent Kaufmann, e mail: Vincent.Kaufmann@irec.da.epfl.ch,
EPFL-DA, Institut de recherche sur l'environnement construit

Les transports font rêver, ont toujours fait rêver de liberté, de grands espaces. Pourtant, aujourd'hui, les transports c'est aussi la trivialité, la banalité du quotidien, l'astreinte des contraintes de toute sorte, bref, l'ennui et la fatigue. Comment s'en libérer? Voilà matière à rêver! Beaucoup de visionnaires s'y attellent. Ils voient de nouvelles technologies, qui vont toutes nous libérer de ces contraintes: le transport sera rapide, presque instantané, aseptisé, on nous assure qu'on ne sera plus fatigué, puisqu'on ne ressentira presque plus le fait même du déplacement. Mais que restera-t-il donc du mouvement, de la perception de l'espace? D'autres rêvent d'une convivialité retrouvée grâce à une insertion sociale par la proximité, qui serait peu ou prou imposée par la voie juridique. Mais ne serions-nous pas captifs, emprisonnés dans un bonheur imposé? D'autres complètent cette vision et en appellent à la dissolution du transport dans un monde virtuel où la sédentarité serait d'une certaine manière absolue. Toutes ces visions mettent à mort le caractère festif du déplacement et sa magie. Bien souvent, en voulant libérer l'homme des contraintes du transport, c'est sa mobilité même qu'on tue, par des vitesses excessives ou un retour à la marche.

Que rêver alors? Je rêve que l'on abandonne cette fuite en avant technologique, cette approche compétitive en termes de temps gagné ou perdu, d'argent gagné ou perdu, par une approche sensée dont l'objectif serait exclusivement sensible et qualitatif, et permettrait de restaurer la magie du déplacement. C'est peut être le plus utopique de tous les rêves...


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© FI SPECIAL ETE du 2 septembre 1997