FI SPECIAL ETE 96

Ny miasa ro voky, ny manao ro zina, soa fianatsa ro mahavokatsa
(Dicton malgache de la region de Fianarantsoa)

d'Antananarivo- Madagascar
par Théo Marius Randriarifara,
Laboratoire de Mécanique des Fluides, Département de Génie Mécanique - EPFL

Madagascar

Du chemin vicinal à l'autoroute de l'information


A Madagascar, l'utilisation de l'informatique est en train de décoller de sa base et commence à prendre l'envol bien que le pays traverse une période économique difficile actuellement. Malgré l'insuffisance matérielle, cette île grande comme la France et le Bénélux ensemble, paraît avoir fait un bond considérable depuis une année avec l'internet.

L'utilisation de l'informatique sur la quatrième plus grande île au monde est de nos jours réservée principalement aux administrations publiques (surtout dans les bureaux ministériels), aux universités et aux quelques entreprises privées; elle reste un luxe pour la majorité de la population. Quant aux parcs informatiques, ils sont insuffisants en général et souvent dépassés face à l'évolution exponentielle des micro-ordinateurs dans les pays riches, et la situation économique ne fait qu'accentuer le décalage. Par exemple, l'École Nationale d'Informatique de Fianarantsoa, la seule école publique d'informatique sur l'île qui forme des ingénieurs informaticiens et des analystes programmeurs, dispose seulement d'une dizaine de micro-ordinateurs types PC 386 et 486 pour une centaine d'étudiants. Là-bas, les ordinateurs ne s'éteignent presque jamais vu que l'accès des étudiants sur les ordinateurs est programmé à l'avance 24 heures sur 24 et on doit attendre son tour avant de travailler sur son projet d'études. Le seul avantage incontestable est que le rendement d'utilisation des ordinateurs approche le 100%. A l'École Supérieure Polytechnique d'Antananarivo, une école dans la capitale, on trouve des vieux PC 286, un réseau NOVELL qui n'est même pas installé dû probablement au manque de personnel qualifié.

Madagascar compte parmi les pays en voie de développement qui ont vu récemment l'internet se développer. Les connexions sur Internet sont jusqu'à maintenant fournies par l'ORSTOM (institut français de recherche scientifique pour le développement en coopération), l'AUPELF (agence francophone pour l'enseignement supérieur et la recherche) et la DTS (filiale de Télécom Malagasy), déclare Lala Andriamampianina à la fois président de l'École Supérieure Polytechnique d'Antananarivo et le premier responsable officiel de l'internétisation à Madagascar. De plus, on a appris par Lala Andriamampianina que c'est l'ORSTOM, avec le réseau RIO (Réseau Intertropical d'Ordinateur) qui a introduit Internet à Madagascar en novembre 1994. Initialement, cette action devait être menée conjointement avec l'AUPELF. L'idée était aussi de favoriser la francophonie. Des points RIO sont installés dans plusieurs pays en voie de développement mais à Madagascar seule la fonction e-mail est disponible sur RIO et en différé à cause du coût de la connexion. La liaison se fait par X25. La liaison Full IP et la création d'un domaine pour Madagascar .mg y sont possibles, mais manquent encore faute de moyens.

Les premiers pays connectés à RIO sont le Sénégal, le Burkina-Faso, le Niger et le Togo avec des liaisons à faibles débits. En conséquence, les services restent limités à la messagerie électronique.

Un an plus tard, l'AUPELF a installé une liaison en Full IP, toujours par X25. Le réseau est destiné aux universitaires et aux chercheurs avec un accès gratuit pour toutes les fonctions Internet mais la création de domaine .mg n'y est pas possible.

Actuellement, la DTS, une société à but commercial, offre toutes les fonctions de l'Internet en Full IP avec une ligne spécialisée mais fonctionne à perte pour l'instant.

Il est vrai qu'Internet ne va pas propulser un pays comme Madagascar dans le peloton de tête des nations économiquement fortes mais c'est un outil efficace pour résoudre le problème de son éloignement avec les métropoles technologiques et c'est un des moyens de rompre l'isolement géographique de l'île. L'infrastructure des télécommunications sur place est un des piliers de l'expansion d'Internet dans le pays. En effet, cette dernière a connu une évolution importante récemment quoique encore insuffisante; téléphoner de ou à Madagascar est devenue chose facile depuis la privatisation récente de la Télécom Malagasy.

Finalement, Lala Andriamampianina remarque que: Un grand effort reste à fournir pour soutenir les actions déjà entreprises par les utilisateurs locaux d'Internet. Les responsables de la gestion doivent collaborer efficacement et activement avec d'autres institutions.

TERRA INFORMATICA


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© FI-SP96-3 septembre 1996