L'amour d'Excel 5.0 ne doit pas vous faire perdre la mémoire !

par François Roulet, SIC-Informatique individuelle

Table des matières


Préambule

Cette information s'adressant exclusivement aux utilisateurs de Excel 5.0 sur PowerMac, est tirée des notes "Microsoft Tips & Tricks", qui ont été largement diffusées dans tous les journaux spécialisés, suite au lancement sur le marché du paquet de logiciel Microsoft Office 4.2 pour Macintosh.

Vous n'êtes certes pas sans savoir que les nouvelles versions de ces produits sont très gourmandes en place disque et en espace mémoire. Dans cet article, nous examinons la situation du tableur Excel 5.0, tout particulièrement sur PowerMac/PowerPC.

En effet, la très grande complexité de ce logiciel devenu la référence des tableurs électroniques, a nécessité une conception modulaire (librairies partagées). L'espace mémoire occupé par l'application Excel est donc très important, une fois que tous les modules ont été chargés. En effet, la place requise par Excel en mémoire vive sur un PowerMac est de 4 MB par défaut, auquel il faut ajouter 10 MB de librairies partagées, ce qui nous donne un total de 14 MB (!)

A première vue, en considérant que le système d'exploitation de votre PowerMac requiert 4 MB, il vous faudra au minimum 18 MB de mémoire vive, et ce, pour ne faire fonctionner que Excel 5.0. Il est vrai que le SIC ne propose plus de configurations Macintosh inférieures à 24 MB de mémoire, mais examinons d'un peu plus près ce qui se passe réellement dans votre PowerMac, afin de ne plus perdre cette précieuse mémoire.

Le tableau ci-dessous vous montre l'occupation de la mémoire vive par le système d'exploitation et Excel 5.0, sur un Macintosh 680x0, et sur un PowerMac/PowerPC avec et sans mémoire virtuelle:

Comme vous pouvez le constater, avec le PowerMac, la taille mémoire requise est excessive si la mémoire virtuelle n'est pas enclenchée. Par contre, en l'activant, vous autorisez la permutation des fragments de code exécutable entre la mémoire et le disque dur (zone grisée), et une taille mémoire totale de 8 MB sera suffisante. Quant au Macintosh 680x0, le code CISC est toujours plus compact que le code RISC, et la permutation des segments est active en permanence.

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Mémoire vive nécessaire sur PowerMac

Le PowerMac gère la mémoire disponible de façon très différente d'un Macintosh 680x0. Bien que les utilisateurs puissent encore invoquer la fenêtre Informations pour obtenir des informations sur une application, la signification des tailles de partition affichées diffère sur un PowerMac.

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Segmentation du code et impératifs mémoire

Dans les versions 680x0 du système 7.x, le code peut être segmenté afin de charger les applications en mémoire par morceaux. Seul le code nécessaire est chargé. Ensuite, lorsqu'une portion de code supplémentaire est nécessaire, elle est simplement échangée avec du code présent en mémoire qui n'est pas utilisé. Ainsi, en architecture 680x0, la place occupée par l'application en mémoire est très souvent inférieure à la taille totale du code de l'application concernée.

Le système d'exploitation du PowerMac n'offre pas la même flexibilité. Avec un processeur PowerPC, en présence de mémoire virtuelle ou de RAM Doubler, la totalité d'une application est chargée en une seule fois. De ce fait, même si la taille totale réelle d'une application est la même sur un PowerMac et sur Macintosh 680x0, la taille apparente de l'application est supérieure sur PowerPC. L'avantage de cette méthode, pour le PowerMac, est que la totalité du code de l'application étant chargé dans un espace mémoire contigu, elle sera moins facilement victime de blocage, et s'exécutera plus rapidement.

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Qu'est-ce qu'une partition mémoire ?

En comparant les deux versions du système d'exploitation MacOS, on peut également remarquer des différences concernant la définition et l'utilisation des partitions mémoire. Dans le cas d'une application pour Macintosh 680x0, la taille d'une partition est choisie de sorte qu'elle ne puisse contenir que le minimum des ressources nécessaires et les données. Dans le cas d'une application pour PowerPC, la partition ne peut contenir que les données mais pas de code exécutable.

Cependant, sur les deux plateformes, lorsque les utilisateurs interrogent le système pour connaître la taille mémoire occupée par une application, ils peuvent lire un nombre qui représente la taille réelle de la partition pour les données plus la quantité de mémoire nécessaire pour le code. Le système d'exploitation ne différencie pas ces deux valeurs et affiche la somme totale dans la fenêtre informations.

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Mémoire virtuelle ou RAM Doubler

La mémoire virtuelle (ou le RAM Doubler de Connectix Corporation) est indispensable lorsque l'on utilise un PowerMac avec moins de 18 MB. La mémoire virtuelle rend le système d'exploitation PowerMac plus souple dans la mesure où le code y est chargé et exécuté, ce qui augmente sensiblement la mémoire vive disponible.

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La mémoire virtuelle élimine les contraintes de mémoire

La plupart des utilisateurs de Macintosh 680x0 n'utilisaient pas volontiers la mémoire virtuelle, car elle était plutôt lente et nécessitait une quantité relativement importante d'espace disque. Les utilisateurs de 680x0 bénéficiaient aussi, comme expliqué précédemment, des capacités de permutation de code du système d'exploitation pour 680x0. Avec un PowerPC, activer la mémoire virtuelle ou recourir au RAM Doubler est le moyen le plus simple d'éliminer les contraintes mémoire que l'utilisateur peut rencontrer. L'usage de l'un de ces deux utilitaires est considéré comme standard pour le PowerPC. Certes, utiliser la mémoire virtuelle entraîne toujours un ralentissement de la vitesse d'exécution, mais de façon beaucoup moins sensible sur PowerPC que sur 680x0.

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En conclusion

Tous les possesseurs de PowerMac ont intérêt à utiliser la dernière version 5.0 d'Excel, de par les multiples fonctionnalités apportées, la rapidité d'exécution du code natif et la pleine compatibilité tant avec la version PC qu'avec les anciennes versions Macintosh. Mais pour ce faire, ils doivent activer la mémoire virtuelle de leur PowerMac, sans quoi, faute de mémoire disponible très importante, l'application refusera de se lancer. Malheureusement, le message qui sera affiché restera assez vague, et se bornera à vous indiquer que les librairies partagées ne sont pas chargées, tout en vous conseillant d'activer la mémoire virtuelle. En principe, il suffit de demander par le fichier du tableau de bord Mémoire de réserver une mémoire virtuelle minimale égale à la mémoire physique augmentée de 1 MB.

Donc, contrairement à la situation ambiguë créée par la dernière version 6.0 de Word, on peut tous préférer Excel 5.0 en gardant en mémoire qu'il y a une condition: bien configurer son PowerMac!

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Références

How Virtual Memory Works on a Power Macintosh

Troubleshooting Microsoft Excel 5.0 for the Macintosh

NB: cet article est en partie tiré du Livre Blanc Stratégique: La technologie Power Macintosh de Microsoft® Office 4.2 pour Macintosh et Power Macintosh d'octobre 1994.



article paru dans le Flash informatique, numéro 6 du 27 juin 1995