Internet now... and tomorrow!

par Jacqueline Dousson, SIC-Assistance

On s'en doutait, on en a eu la preuve: le mot attire les foules. Si vous étiez passés par hasard devant l'amphi CM6 ce 8 février vers 17h., vous auriez même pu vous en rendre compte de visu. En effet 360 personnes ont pu être admises dans une salle comble et y ont assisté à la rencontre EPFL-Economie organisée par le CAST sur le thème Internet et WWW. Cette manifestation leur a permis d'avoir un aperçu des différents aspects de ce nouveau moyen de communication:

Il y aura d'ailleurs dans le prochain Flash, journal interne de l'Ecole, un article du CAST sur les différentes présentations de cette conférence.
Ce succès nous a fait plaisir, à nous que le Web alimente quotidiennement dans notre travail - il est toujours agréable de partager une telle expérience -, mais il a également suscité des sujets de réflexion sur les suites à y donner.

QUELS SONT LES ACTEURS?

CÔTÉ JARDIN,

nous avons ceux pour qui Internet n'est encore qu'un concept théorique. C'est utile pour briller dans les salons ou les réunions de managers, ce n'est pas suffisant pour décider d'une politique d'entreprise. Ces illettrés, (au sens cyberespace, bien sûr) ne savent plus qui croire. Ils sont au centre d'un incroyable battage médiatique qui leur parle de globalisation de l'information, de déréglementation des télécommunications, de monétique, de communauté virtuelle, de nouvelles cultures; ils lisent que la Suisse (l'Europe ?) a pris un énorme retard. D'autre part, ils entendent qu'il faut parfois attendre 1 heure du matin pour avoir la chance de lire son courrier électronique, que ces nouvelles technologies ne sont qu'un nouvel outil de l'impérialisme américain. Que penser, et surtout que faire? Peuvent-ils se permettre d'attendre? Y aura-t-il demain encore une place pour les entreprises non branchées? Il leur faut tout d'abord s'informer, et si possible pas par média interposé. Rien ne vaut 2 heures de surf sur le réseau pour sentir ce que cela pourrait apporter de concret dans sa vie professionnelle.

CÔTÉ COUR,

nous avons l'EPFL, avec son équipement technique de pointe et son savoir-faire dans le domaine des réseaux (les applications de communication sont d'ailleurs un des axes stratégiques actuels de l'École). Internet est devenu pour les chercheurs et les étudiants un passage obligé pour s'ouvrir au monde et lui offrir notre substantifique moelle. Est-ce dans les missions de l'EPFL de transmettre un peu de cette avance technologique aux contribuables qui l'entourent (PME, sociétés informatiques, ingénieurs, avocats, médecins, créateurs, chercheurs, familles...) afin de les guider dans leur choix? Et si oui, comment?
Doit-elle organiser des formations (avant de passer le flambeau à l'Ecole-Club Migros, ce qui ne saurait tarder, à la vitesse où vont les choses), doit-elle participer à des manifestations grand public, doit-elle animer une sorte de kiosque où les abonnés pourraient se rencontrer et échanger leurs expériences ou s'exercer sur du matériel mis à leur disposition par l'EPFL? Comment l'EPFL pourrait-elle mener certaines de ces actions sans nuire à sa mission d'enseignement et recherche, qui reste bien sûr sa priorité? Tout cela fait beaucoup de questions, et on ne va pas pouvoir y répondre en quelques lignes. Notre ambition n'est ici que d'amorcer une réflexion.

SACHEZ QU'EN ATTENDANT,

l'École a été sollicité par l'Hebdo, hebdomadaire romand d'informations générales, pour sassocier à diverses manifestations grand public autour d'Internet:


article paru dans du 21 mars 1995