Clavitudes

par Appoline Raposo de Barbosa , SIC- Assistance

Il est des réputations qui se font en un jour et qui, on ne sait pourquoi restent figées pendant longtemps. Depuis de nombreuses années PageMaker et X-Press se livrent une bataille dans le monde de la publication assistée par ordinateur. Dès les premières versions PageMaker et X-Press s'avèrent de sérieux concurrents; alors, graphistes et imprimeurs se forment parallèlement sur ces deux logiciels, avec toutefois une préférence pour PageMaker. Puis, un jour, X-Press inverse la vapeur avec la sortie de sa palette de contrôle au millième de millimètre, ses miroirs de page, son impression en séparation des couleurs... X-Press était devenu aux yeux des graphistes et des imprimeurs plus professionnel. Voilà le grand mot était tombé... plus professionnel. Dès ce jour, presque tous, se tournent vers ce logiciel plus professionnel et commencent les mauvais jours pour les fidèles de PageMaker qui se voient regardés de haut et s'entendent dire: «mais pourquoi ne passez-vous pas à X-Press?».

Aldus et Quark n'en restent pas là, tous deux multiplient les versions (actuellement 5.0 pour PageMaker et 3.3 pour X-Press) de plus en plus performantes, de plus en plus sophistiquées. Le milieu des graphistes et des imprimeurs ne pouvant pas multiplier les logiciels s'en tiennent à X-Press et incitent par ce fait même les utilisateurs PageMaker à se reconvertir. C'est ainsi qu'aujourd'hui en Suisse, il devient difficile de trouver un imprimeur qui accepte de vous imprimer un document PageMaker.

Fidèle à PageMaker depuis de nombreuses années, malgré toutes les difficultés rencontrées, j'ai voulu en savoir un peu plus sur X-Press. J'ai donc décidé de composer le numéro 8 du Flash informatique entièrement sur X-Press et vous faire partager mes impressions. Bien sûr mon point de vue ne peut pas être totalement objectif, vu mon expérience sur l'un et l'autre de ces logiciels.

Table des matières


Le plan de montage

Merveilleux outil sur X-Press qui vous permet de déplacer les pages et de leur attribuer des miroirs de page (autant de miroirs de page que de pages dans la publication) avec une aisance déconcertante.

Opération possible sur PageMaker qui, rappelons-le ne nous offre qu'un, voire deux miroirs de page si on travaille en double page ou en recto-verso. Pour déplacer les pages, il faut passer par le menu additions et trier les pages, là une fenêtre de chemin de fer vous permet enfin de faire glisser vos pages et il vous faudra vous armer de patience lors de la fermeture de cette fenêtre.

A propos des éléments type, ils sont fixés une fois pour toutes sur PageMaker et accessibles seulement dans les pages miroirs; le seul choix est de les afficher ou de ne pas les afficher sur la page ouverte devant vous.

X-Press lui vous permet de les supprimer un par un sur la page sur laquelle vous êtes en train de travailler.

La table de travail

PageMaker vous offre une table de travail au centre de laquelle est posée votre composition, bien pratique pour déposer des objets dont vous aurez besoin plus tard; lorsque vous tournez les pages de votre compostion vos objets placés sur la table restent au même endroit et vous y aurez accès que vous soyez en page 4 ou en page 50. X-Press, quant à lui pose les pages les unes derrière les autres sur une table qui s'allonge d'autant que le nombre de vos pages; si vous placez un objet sur la table en face de la page 4, vous ne le verrez plus lorsque vous serez sur la page 50, il sera beaucoup trop loin. Les adeptes de X-Press aiment beaucoup cette table de travail pour faire les impositions. Rappelons que PageMaker fait ces impositions automatiquement dans le menu Additions - Créer cahier.

L'affichage et le défilement

Là, il ne faut pas tergiverser, X-Press est indéniablement plus rapide. De plus X-Press vous permet un agrandissement de l'affichage au pourcentage désiré (il vous suffit de taper le pourcentage désiré: 122 % si le c¦ur vous en dit); PageMaker n'autorise que 200 ou 400%.

le placement de texte

Avec PageMaker, pas de question préalable, on va chercher son texte à placer et on le jette sur la table de travail, en haut de la colonne en manuel, semi-automatique ou automatique -mode dans lequel PageMaker crée alors des pages supplémentaires si nécessaire- ou encore dans un petit rectangle que l'on dessine avec la souris. X-Press, lui, vous oblige à définir des formes texte avant d'aller chercher votre texte à placer et ensuite de chaîner ces blocs textes les uns aux autres. C'est à mon avis moins souple.

Le placement d'images

Là, PageMaker fait la différence, votre image peut être considérée comme une image ou comme un caractère. Enorme avantage pour intégrer une formule mathématique ou un sigle dans un texte, rien de plus aisé que de considérer cet objet comme un caractère qui pourra être centré, avoir un interlignage,... X-Press demande d'abord une forme image avant d'importer l'image, ensuite il vous faudra adapter cette forme plus ou moins manuellement et déplacer l'image à l'intérieur de cette forme; et si cette forme doit en plus être placée dans un texte alors bon courage pour les corrections, ajouts, manipulations de toute sorte.

la palette de contrôle du texte

Une seule palette sur X-Press.

Une double pour PageMaker, la première consacrée aux caractères

et la seconde au paragraphe

avec le style et les indentations et une autre activée avec l'outil flèche donnant des indications sur le bloc texte et la possibilité de le placer exactement au centième de millimètre par rapport à un point donné qui peut être le centre ou l'une des extrémités du pavé.

la palette de contrôle des images

La différence majeure entre ces palettes de contrôle, c'est l'information sur le format de l'image PostScript,

tiff

, pict ou paint ou encore pavé texte

dans PageMaker, la possibilité de la déplacer et de la réduire par rapport à un point donné, lui donner la meilleure définition possible par rapport à l'imprimante s'il s'agit d'une image tiff. La précision est de l'ordre du centième de millimètre alors que dans X-Press elle est du millième.

Mais qui travaille au millième de millimètre dans l'imprimerie?

le groupage d'objets

Très simple avec X-Press. PageMaker vous oblige à créer un nouvel objet PostScript avec les objets à grouper par la commande PS Associer du menu Additions qu'il faudra dégrouper avec la commande PS dissocier en cas de changement.

La duplication

Elle n'est possible que sur X-Press par commande-D. Sur PageMaker, il faut passer pas un copier-coller, avec toutefois une possibilité de faire un collage multiple de x copies distancées chacune de x cm. Très agréable pour les cartes de visite par exemple.

L'impression

Une vitesse d'avance pour X-Press qui imprime indéniablement plus rapidement, mais un bon point à PageMaker pour sa possibilité d'imprimer en une seule fois, la page 3, de la page 5 à la page 8 et la page 13. En séparation des couleurs PageMaker vous permet d'imprimer une, deux, trois, ou toutes les encres sélectionnées, X-Press quant à lui ne vous permet qu'une ou toutes les encres. En ce qui concerne l'impression sur flascheuse, en séparation des couleur pour des images quadrichromiques tiff, pict ou eps, je n'ai pas sufisamment d'expérience pour me prononcer.

Conclusion

X-Press ou PageMaker ? PageMaker ou X-Press ? Et bien non, je n'ai pas de réponse catégorique. Je continue à penser que nous sommes plus efficaces avec le logiciel que nous connaissons le mieux et je ne peux que regretter que les imprimeurs nous forcent la main dans la direction X-Press. Et si vous avez une autre expérience que la mienne, je me ferai un plaisir de la faire partager à nos lecteurs.


article paru du 22 novembre 1994