Serveur du Département d'Informatique

par Stéphane Ecuyer, EPFL-DI-SIDI

Début 1992, le département d'informatique prit la décision d'acquérir un serveur de fichiers et de services de base pour se doter de moyens informatiques intégrés au contexte SUSP (Serveur Universel de Services Partagés) de l'Ecole et au contexte informatique présent dans les laboratoires et au niveau des équipements collectifs du département. Dès ce moment, le Service Informatique du Département d'Informatique (SIDI) fut mandaté par le département pour définir un cahier des charges englobant les points du projet SUSP de l'Ecole et les besoins propres du DI, et dont la première mouture vit le jour au milieu de l'année grâce au travail d'une commission de 5 membres. Suite à un changement de priorités, le projet fut relancé en mars 1993 avec une mise à jour du cahier des charges dont l'objectif était d'offrir au DI une puissance de traitement englobant les fonctions suivantes: serveur de fichiers, pilotage de périphériques spéciaux et trop chers pour un seul laboratoire, coordination des services de base dans un environnement distribué, le tout intégré par des connexions réseaux adéquates au contexte SUSP de l'Ecole.

Après acceptation du cahier des charges par le conseil du DI et son envoi aux différents fournisseurs agréés, nous avons reçu des offres de la part de huit de ceux-ci. Suite au premier tour d'analyse de la commission DI-SUSP, seuls trois fournisseurs ont été retenus pour la suite des négociations. La commission a reçu chacun des candidats restant pour des compléments d'informations, ce qui lui permit de fournir un rapport d'analyse bien étoffé au conseil du département de septembre, qui choisit la solution Sun pour les raisons suivantes: serveur multiprocesseur puissant au niveau des performances IO et NFS (meilleure performance LADDIS 1993), redondance disques (RAID), tolérance de pannes CPU et un très bon rapport prix/performance.

La solution retenue, dont la configuration est représentée par la figure 1, est composée d'un SPARCServer 2000 avec 8 processeurs (SuperSPARC 50 Mhz et 2 MB cache), 512 MB de mémoire centrale, 32 disques de 2,1 GB répartis sur six interfaces SCSI 2 différentielles (10 MB/s), d'un prestoserve, de trois interfaces FDDI, d'un lecteur de CD-ROM et d'une unité Exabyte de 5 GB.

figure 1:configuration du serveur DI-SUSP(INJ 016)

De plus les périphériques suivants sont reliés au serveur: 10 lecteurs CD-ROM pour la mise à disposition de la documentation online et des logiciels, un robot de bandes Exabyte d'une capacité de 50 GB pour les sauvegardes, un juke-box de disques magnéto-optiques d'une capacité de 10 GB pour l'archivage et une imprimante laser rapide DEC LSP32 (A3-A4, recto-verso, 32 p/min).

La configuration disque actuelle donne une capacité utilisable de 30 GB configurée de la manière suivante: 6 disques avec leur miroir pour le système et les applications (12 GB RAID 1, mirroring), 5 disques avec leur miroir pour les collaborateurs du département (10 GB RAID 0+1, stripping + mirroring) et 5 disques avec leur miroir pour les étudiants utilisant les équipements collectifs du département. Cette configuration est provisoire en attendant la livraison du contrôleur RAID commandé avec le serveur (actuellement disponible uniquement pour les disques de 1 GB) qui devrait être là avant la fin de cette année. Cette unité permettra de passer la capacité disques utilisables à 50 GB environ par le passage en RAID 5 de l'espace utilisateur. Dans le but de pouvoir utiliser au maximum les performances de ce serveur, celui-ci est équipé au niveau réseau de trois cartes FDDI (figure 2).

figure 2:schéma-bloc du réseau FDDI du DI

La première interface est reliée à l'épine fibre optique du département pour les liaisons avec les machines des laboratoires, les serveurs SUSP des autres départements et les machines du SIC, ainsi que pour les communications avec l'extérieur via EDAFO. La seconde interface ainsi que la troisième sont dédiées aux accès NFS depuis la salle de stations IN3, respectivement la salle de stations IN 200.

La livraison de la machine a eu lieu fin 1993. Son installation hardware commença en février 1994 avec l'aide d'un ingénieur de Sun. Elle fut suivie par l'installation du système d'exploitation Solaris-2.3 (System VR4 + extensions BSD-4.3) avec OpenWindows-3.3 comme système de fenêtrage. Pour la gestion de l'espace disque (stripping et mirroring), c'est Online Disk Suite (ODS) qui est actuellement employé jusqu'à l'installation du contrôleur RAID. A partir de ce moment, commença la phase de mise en route du serveur avec la configuration de système d'exploitation et surtout de Online Disk Suite pour la mise en place de l'espace disque. Attaquer Solaris-2 et ODS de front sans aucune préparation n'est pas une mince affaire, même avec une bonne expérience sous SunOS. Il faut un certain temps pour se familiariser avec la gestion système et les outils associés. Pour ODS, c'est surtout la préparation avant installation qui est importante, pour le partitionnement des disques et la répartition des miroirs sur les différents contrôleurs. L'installation elle-même n'est pas extrêmement compliquée mais en cas d'erreur, le temps à investir pour avoir un système stable est non négligeable. Par la suite , la synchronisation de temps par le réseaux (NTP) et le Domain name server (DNS) en secondaire (contenant une copie locale de la base de donnée) furent mis en route, suivis d'une phase de tests de la stabilité du système.

Cette première phase d'installation terminée, le moment arriva de préparer la migration des comptes utilisateurs (collaborateurs et étudiants) résidant sur les serveurs de la salle de stations IN3. Le premier gros travail fut la mise en route d'un serveur NISplus et la reprise des bases de données NIS du réseau de stations Sun du département. La suite consistant à faire le transfert de toutes ces données (environ 6 GB) et de monter les nouveaux volumes via NFS depuis la salle de stations. Cette opération prit une nuit complète début juin et depuis, le serveur est en phase d'exploitation. Le serveur mail de département donnant la fonctionnalité Prénom.Nom@di.epfl.ch pour les collaborateurs fût transféré sur la machine, ainsi que le serveur NEWS.

Actuellement, des travaux d'intégration du serveur SUSP aux équipements collectifs du département sont en cours, dans le but de rationaliser la gestion des comptes utilisateurs et leurs accès depuis les différentes salles de stations du département. Le but étant d'avoir les données des utilisateurs des salles IN3 (Sun) et IN 200 (DEC) à un seul endroit et ce pour la reprise des cours au mois d'octobre.

La mise en place d'un serveur SUSP s'intégrant aussi bien au contexte du projet d'école de serveurs universels de services partagés, qu'à un environnement informatique déjà existant et complexe comme celui du département d'informatique est un travail de longue haleine. La définition de l'environnement qui sera mis à disposition des utilisateurs, ainsi que la configuration de la machine doivent être mûrement réfléchies pour pouvoir fournir un service aussi stable et efficace que possible.


article paru dans le Flash informatique no 7 du 27 septembre 1994