La bonne dose de créativité et de prises de risques

Inauguration du T3D et du programme PATP

par Marie-Christine SAWLEY, SIC-Assistance

Signature du livre d'or du T3d avec de gauche à droite, Messieurs Jean-Claude Badoux, Président de l'EPFL et Steve Nelson, Senior vice-président de Cray Research, concepteur du T3D

photo: Alain Herzog

La salle de conférence du SIC était au complet en ce matin du jeudi 2 juin pour écouter les brèves allocutions des personnalités qui s'étaient déplacées à cette occasion. Avaient fait le voyage depuis les quartiers généraux de CRAY au Minnesota Steve Nelson, senior vice-président, concepteur du T3D, et Bill Camp, directeur de l'ensemble des projets PATP. Le directeur du projet PATP du Pittsburgh SuperComputing Center, Michael Levine, nous a fait l'amitié de venir visiter le site partenaire de l'EPFL. Robert Lévy, vice-Président de CRAY Europe, complétait cette palette de personnalités. Une inauguration où la sincérité et la spontanéité des propos l'emportèrent largement sur les discours guindés et rebattus.

Le Président Badoux a ouvert la séance d'inauguration du programme PATP en rappelant combien l'EPFL se réjouissait d'entamer cette collaboration fructueuse. M. Badoux a tenu a rappelé combien, lors de sa visite en novembre dernier des ateliers de la fabrication de CRAY à Chippewa Falls, il avait été impressionné par la qualité du travail et des équipes. Et, comme M. Badoux a tenu lui-même à le souligner, un tel compliment n'est pas vain dans la bouche du président d'une haute école d'un pays passé maître dans l'industrie horlogère! Pour l'EPFL sont particulièrement importants l'honneur d'avoir été choisie et la responsabilité des professeurs et de leurs équipes sur les compétences desquels ce projet est fondé. Cette interdisciplinarité permettra d'utiliser le potentiel de calcul du T3D et d'en optimiser l'utilisation. Les premiers à en bénéficier seront les futurs ingénieurs qui pourront se former sur cette machine. Le Président a par ailleurs rappelé sa conviction de l'importance de la stimulation entre industrie et centres de recherche: l'implantation de CRAY RESEARCH au PSE amènera probablement dans son sillage de nouvelles entreprises.

Une condition nécessaire pour le succès, selon Steve Nelson, réside dans un dosage approprié de créativité et de prise de risques. Mais ce n'est pas tout, il faut aussi savoir établir d'excellentes relations entre la connaissance pure et les sciences appliquées, et être doté d'une solide capacité d'analyse et de synthèse. Ce n'est pas un hasard si le projet PATP réunit toutes ces conditions préliminaires. Monsieur Nelson a rappelé que beaucoup de scepticisme avait accompagné l'annonce par CRAY RESEARCH de se lancer dans le massivement parallèle. Une des grandes forces du projet était de reconnaître dès le départ que le constructeur ne pouvait tout faire par lui-même: c'est ainsi que le MPP Advisory Group avait été créé, réunissant périodiquement des utilisateurs potentiels sérieux qui ont oeuvré en qualité de conseillers. Cette prise de contact avec le monde des applications et de la recherche va continuer avec les directeurs des programmes PATP.

Robert Lévy a rappelé que le management de CRAY avait choisi pour unique partenaire européen une haute école suisse selon des critères de compétence et non de stratégie. Il a rappelé aussi que même si le potentiel de systèmes massivement parallèles tels que le MPP est bien réel, il reste encore à prouver leur adéquation pour la simulation numérique de puissance: il s'agit bien de la mission des chercheurs, ingénieurs et informaticiens engagés dans PATP.

Bill Camp, directeur chez CRAY de l'ensemble du programme PATP, nous a fait l'honneur de commencer son allocution avec quelques mots en français, puisque Bill est de ascendance acadienne. Il a tenu à souligner combien les présentations de chacun des 4 projets scientifiques de l'EPFL, qui avaient eu lieu la veille, l'avaient impressionné. Le programme PATP, est selon ses propres dires, sur d'excellents rails.

Michael Levine, directeur du programme PATP du Pittsburgh Super Computing Center, a exprimé sa satisfaction à propos des possibilités de collaboration avec l'EPFL autour de la technologie massivement parallèle. Michel Reymond a terminé la partie officielle de cette cérémonie en annonçant que le T3D, ouvert aux utilisateurs le 2 mai dernier, avait effectué plus de 3'900 travaux jusqu'au 30 mai.


article paru dans le Flash informatique no 6 du 21 juin 1994