De l'ordinateur à la plaque offset

par Jacques Virchaux, SIC-STI, avec l'aimable collaboration de J.-P. Cordey, VERSITEC SA, 1020 Renens
Depuis Gutenberg, l'imprimerie a connu de nombreuses évolutions, principalement avec l'arrivée de moyens informatiques performants. C'est avant tout la PAO qui en a profité et permet actuellement à n'importe qui de s'improviser compositeur et d'imprimer son oeuvre sur une imprimante laser. Cependant, lors de tirages à de nombreux exemplaires, le recours à l'imprimerie est toujours nécessaire, mais là aussi, les techniques ont évolué.

Composition avec la PAO

Bien que la composition soit un métier en soi, les programmes de PAO disponibles actuellement, aussi bien sur PC que sur Macintosh, sont des outils extraordinaires et performants. Ils permettent à l'utilisateur de préparer des documents avec tous les éléments de mise en page utilisés par les professionnels.
C'est ainsi que la plupart des documents se réalisent à l'heure actuelle, même si les compositeurs en herbe doivent faire leurs armes et apprendre à éviter les erreurs des débutants. Pour des documents uniques, une impression de quelques copies sur l'imprimante laser sera souvent suffisante. Dans le cas de quelques dizaines de copies, la photocopieuse peut être envisagée, souvent au détriment de la qualité. Cependant, si le document est à reproduire à plusieurs milliers d'exemplaires, seul un procédé offset traditionnel peut être envisagé pour conserver la qualité et rester économique.

Circuit traditionnel

Si les imprimeries modernes acceptent aujourd'hui facilement des fichiers informatiques de type PostScript pour les documents à imprimer, une photocomposeuse est toujours nécessaire pour créer le film. Il est aussi possible de photographier un document (comme une copie d'imprimante laser, par exemple), mais ce procédé ne conserve souvent pas la qualité originale nécessaire à la production de publications.
Le film doit être ensuite développé avant de pouvoir être utilisé pour le montage qui se fait manuellement, sur une table lumineuse. Ce montage permet, entre autre, d'assembler les différentes pages pour le format d'impression désiré (première et dernière page de couverture, par exemple).
Ensuite, il sera encore nécessaire d'exposer la plaque offset et de la développer avant de pouvoir enfin l'utiliser sur la presse. Ce circuit long et fastidieux, d'un coût élevé, peut déjà aujourd'hui être simplifié pour réaliser de substantielles économies.

Circuit économique

Sur un ordinateur de type PC ou Macintosh, un programme dit d'imposition réalise le montage électronique des pages du document à partir de leur représentation en PostScript.
Une photocomposeuse spécifique reproduit directement ces formes d'impression électronique sur la plaque offset. Cette technologie, appelée «Computer-to-plate», permet de réduire le temps de production moyen d'une plaque de 25 à environ 3 minutes.
Cette technologie se propage déjà rapidement chez les imprimeurs qui voient ainsi diminuer leurs frais de façon drastique tout en offrant au client la possibilité de traiter directement son oeuvre de PAO. Ce procédé demande évidemment que la totalité du document puisse être contenu sous forme d'un fichier PostScript, le montage manuel d'images par la suite étant évidemment banni. Cela demande donc une bonne connaissance de la PAO et des possibilités des outils annexes pour intégrer aussi bien les images que des formules mathématiques complexes, par exemple.

Le Computer-to-plate sur plaque offset électrostatique

Développée en Suisse, la photocomposeuse STEIGER-PROPIS PS utilise les dernières technologies optiques et électroniques pour imprimer, en quelques minutes, une plaque offset de type électrostatique à partir de la représentation PostScript dŒun document. La technique utilisée par cette photocomposeuse ne requièrt pas de processus chimique pour la production de la plaque. La plaque sort de la machine directement prête à l'emploi.
Cette photocomposeuse offre une résolution d'environ 1'200 points/pouce et les plaques produites permettent la reproduction d'images tramées de haute qualité avec des linéatures supérieures à 100 lignes/pouce. L'excellente reproductibilité dimensionnelle des images produites permet également l'impression en plusieurs couleurs distinctes. La plaque, prévue pour un tirage de 5'000 copies, a une dimension maximum de 520 x 520 mm avec une surface d'impression supérieure à A3 (450 x 450 mm).


article paru dans le Flash informatique no 5 du 17 mai 1994