Mosaic, vers une nouvelle culture?

par Jacqueline Dousson, SIC-SA

E-mail: dousson@sic.adm.epfl.ch

http://ditwww.epfl.ch/SIC/SA/info/jacqueline.html

Imaginez: vous êtes devant votre écran, vous cliquez et vous lisez le dernier bulletin du Pittsburg Supercomputing Center, vous recliquez et vous consultez les ouvrages de l'éditeur O'Reilly, reclic et vous voilà au MIT... C'est une réalité, aujourd'hui, vous pouvez accéder à tout cela, et à bien d'autres choses encore. Comme les plans reconstitués du palais de Dioclétien à Split, le budget de l'administration Clinton ou les images satellite du jour.

Le phénomène Internet sur lequel commencent à se pencher les sociologues et médialogues, est en pleine explosion et ce n'est qu'un début. Nous avons connu, hier matin, les conférences News, puis Gopher.Demain, nous ne savons pas encore ce qui viendra, mais grâce à Mosaic, nous avons à présent à notre disposition l'outil qui nous permet de trouver notre chemin parmi les Térabytes d'information publiquement accessibles sur le réseau Internet.

Un peu d'histoire

Au commencement, il y eut une équipe au CERN qui développa World-Wide Web (W3) un projet de système d'informations réparties sur le réseau, basé sur les liens hypertextes: hypertexte signifiant que dans un document, certains éléments apparaissent comme des pointeurs vers d'autres documents; en sélectionnant le pointeur, on visualise le document vers lequel le lien a été prévu, ce document pouvant être n'importe où sur le réseau Internet. Dès le départ, le protocole http, base de W3, a été conçu pour supporter des documents image et son, en ce sens on peut dire que W3 est un système hypermédia, puisque pointer sur un lien peut tout aussi bien afficher des images, des animations ou déclencher des sons (si le poste de travail du consultant le permet). Le projet pilote a tout de suite été apprécié par la communauté scientifique qui y a vu un merveilleux outil pour accéder à l'information, quel que soit l'endroit géographique où elle se trouve. En effet, la magie des liens qui se font en se moquant des distances, et la performance des réseaux actuels font qu'on oublie très vite où se trouve physiquement le document que l'on consulte.

Dès le début du projet, plusieurs clients (on appelle ainsi les outils installés localement, et qui permettent d'accéder aux documents fournis par un serveur W3) furent disponibles, fournis par le CERN ou d'autres équipes. Mais, l'ampleur du phénomène W3 est due sans doute à la convivialité de Mosaic. Cette interface hypertexte, a été développée par le NCSA (National Center for Supercomputing Applications in Champaign-Urbana).

Le grand intérêt de Mosaic, outre sa facilité d'utilisation (la seule chose à connaître est cliquez sur le texte souligné ou tout autre objet mis en évidence), réside dans le fait qu'il permet de communiquer avec le protocole http (à la base d'un serveur W3), mais aussi avec les protocoles traditionnels d'Internet: FTP, Gopher, WAIS, NNTP (protocole des News)... Ce qui fait qu'à travers une seule interface, l'utilisateur a accès à toutes les sources d'information. La première version officielle de Mosaic a été disponible en avril 93 sous X Window; des versions Mac et Windows existent aussi, mais elles n'ont pas encore toutes les fonctionnalités de la version X Window. Le logiciel est distribué gratuitement par le NCSA.

Pour avoir une idée de l'importance du phénomène dans le monde académique (et cela commence à toucher d'autres domaines, des constructeurs informatiques, des grands centres de recherche industriels ont leur serveur), il suffit de jeter un oeil sur la liste qui donne chaque jour les noms des nouveaux serveurs accessibles. Le serveur NCSA, sur lequel se trouvent les différents modes d'emploi, les listes de serveurs par région géographique et par thème, a reçu pendant la dernière semaine de janvier plus d'un million de connexions !

World-Wide Web et Mosaic à l'EPFL

Et l'EPFL dans tout cela ? L'Ecole s'est fait prendre dans la gigantesque toile d'araignée qui est en train de se tisser sur le monde. Mais comment aurait-elle pu résister? Une home page (on appelle ainsi la page de garde dont l'adresse est référencée dans les annuaires de serveurs) de l'EPFL est en train de se mettre en forme (http://www.epfl.ch/ pour les initiés), chaque département/service de l'Ecole pourra, s'il le désire, s'y raccorder. Le SIC, les Départements de Mathématiques et d'Informatique ont déjà leur propre serveur accessible directement ou à travers la home page EPFL. Sans doute d'autres serveurs sont-ils en train de se créer; que leurs auteurs se fassent connaître afin de permettre une bonne coordination de l'ensemble.

Le but à atteindre est que, de n'importe quel point du globe, relié à Internet, l'on puisse connaître ce qu'est l'EPFL, ce qu'on y fait, qui contacter.

Et maintenant, que cet article vous a, nous l'espérons, mis l'eau à la bouche, que pouvez-vous faire? Si vous voulez installer un client Mosaic sous X Window, servez-vous sur nestor, à l'endroit habituel /logiciels/public/X11R5/bin/contrib/mosaic) et promenez vous dans ce monde de textes, d'images et parfois de sons et de vidéo, nous attendons vos commentaires.

Si cet article vous a semblé un peu obscur, si vous travaillez sur Mac ou PC, ou si vous désirez en savoir plus sur la structure d'un serveur, attendez un prochain numéro du Flash Informatique, nous vous y donnerons plus de détails pratiques.

Article paru dans le numéro 2-94 du Flash Informatique