FI/5/00

Computer-Expo 2000 a vécu, vive le salon 2001

Jean-Jacques.Dumont@epfl.ch, SIC & représentant du Club Internet au GRI

Le salon de l'informatique de Beaulieu, officiellement dénommeé Computer et cette année Computer-expo 2000 pour éviter un conflit d'appellation, est la principale manifestation organisée par le Groupement Romand de l'Informatique (http://www.rsr.ch/computer_2000/index.htm ). Cette association sans but lucratif s'efforce de réunir toutes les entités commerciales, associatives ou institutionnelles ayant un intérêt en commun: celui de contribuer au développement dans la région d'une industrie de l'informatique forte, notamment en permettant au public, professionnel ou non, de se familiariser avec les nouveaux produits, les nouveaux concepts, les nouvelles idées.

Malgré cette vision beaucoup plus ambitieuse, on a pu croire longtemps que le salon Computer était une simple foire commerciale, n'ayant pour but que d'augmenter à court terme le chiffre d'affaire des exposants. C'est en tous cas l'impression qui ressort de certains commentaires recueillis auprès de visiteurs superficiels, voire d'articles de presse bâclés rédigés par des journalistes dits spécialisés mais qui ne prennent même pas la peine de lire la documentation qui leur est fournie.

C'est à la lecture d'articles particulièrement ineptes et injustes parus récemment que le soussigné s'est décidé à rédiger ce récit pour tenter de rétablir la vérité.

Or donc, il y a environ cinq ans, le Club Internet d'Ecublens reçoit une invitation de la part d'Emil Jucker, le Secrétaire Général du GRI et à ce titre patron de l'organisation de Computer: un stand nous est offert gratuitement, à condition que nous aidions à la conception, à la réalisation et à l'animation d'un espace non-commercial dédié à l'initiation du public aux mystères d'Internet. Ainsi démarrait la grande aventure de l'espace Internet en Action, qui allait évoluer et s'améliorer d'année en année au fil de l'actualité.

Pour la première édition, Internet en Action se limitait à un gigantesque CyberCafé où les visiteurs disposaient d'une heure pour apprendre à surfer avec l'assistance de Cyberguides. Ce fut un succès proportionnel à la surface du stand, puisqu'environ 3'000 personnes purent bénéficier de cette action.

Au cours des éditions suivantes, les questions des visiteurs étant de plus en plus pointues, l'offre allait s'adapter à la demande par l'introduction du help desk et de cyberzones dédiées à des démonstrations plus thématiques: applications professionnelles, applications sociales pour jeunes/anciens/malades/handicapés/demandeurs d'emploi, applications d'enseignement à distance/télétravail, Linux et les logiciels gratuits, etc. Pour l'édition 2000, la classe pour débutants fut complètement abandonnée pour faire place à une expérience nouvelle: la création sous les yeux des visiteurs d'un Journal de Computer multimédia (audio/vidéo/photos/textes) créé par des journalistes et techniciens de la RSR et de Fréquence Banane, la radio des étudiants lausannois.

Depuis le début et chaque année, cette action de vulgarisation/explication des Nouvelles Technologies de l'Information et des Communications est donc presque totalement financée par Beaulieu (mise à disposition d'un esapce gratuit) et par le GRI (aménagement et décoration du stand de plus de 200 m2). Mais les organisateurs n'allaient pas en rester là. Certes, le décès d'Emil Jucker tout juste après le salon 1998 allait quelque peu freiner les volontés de rénovation. Le but prioritaire de son successeur ad interim fut d'assurer la continuité de la manifestation en minimisant les risques. Mais contre toute attente, Computer 1999 allait battre tous les records d'affluence, le nombre total de visiteurs atteignant quasiment les 40'000.

Ainsi rasséréné, le comité d'organisation pouvait alors réinvestir dans une série d'innovations selon de nouvelles lignes stratégiques, soit l'appui à tous les aspects de la formation et de la création d'entreprises. En pratique, cela signifie:

Le principe de cet espace, entièrement financé par le couple GRI/Beaulieu pour un montant de 250'000 francs, est d'offrir la possibilité à toutes les Ecoles Techniques non seulement d'exhiber leurs réalisations mais surtout de faire découvrir aux jeunes et à leurs parents quelles sont les différentes filières de formation existantes. L'EPFL fut la première à réagir à cette offre en 1999 déjà, trois autres Ecoles d'Ingénieur se joignant à elle pour le premier espace High-Tech. Cette année, seul Fribourg a laissé passer le délai d'inscription, ce qui signifie que la totalité moins une des Ecoles romandes était présente, soit une bonne vingtaine! Et toutes ne peuvent que s'en féliciter, car le succès populaire fut considérable. Aux dépens toutefois des stands plus classiques, qui constatèrent en effet une certaine baisse de fréquentation. La moralité de cette histoire fut tirée lors de l'assemblée générale du GRI qui s'est déroulée entretemps: pour 2001, il s'agira de poursuivre l'évolution vers un salon des nouvelles technologies et de la formation, plus orienté vers le grand public et en particulier les jeunes, avec aussi une ouverture internationale. La dénomination trop restrictive et poussiéreuse de Computer devra être sous-titrée de façon à inclure tous les aspects de (télé-)communication numérique, y compris audio-visuels.

Mais avant tout, le comité du GRI souhaite que Computer reste un espace ouvert à tous et à toutes les nouvelles idées susceptibles d'avoir un prolongement dans le temps. Ci-après, quelques exemples de projets nés du choc des idées et de la rencontre de personnes durant Computer 2000.

  1. Il n'y a pas de raison que le stand Internet en Action se limite aux quatre jours d'ouverture du Salon. Le Club Internet dispose de locaux dans sa Villa du Tir-Fédéral. Pourquoi ne pas les utiliser pour créer une vitrine permanente des NTIC, qui servirait à la fois de prolongement au Salon après sa fermeture et de laboratoire pour préparer les démonstrations du Salon suivant?
  2. Un des points forts de Computer 2000 fut l'évidente émergence de Linux et des logiciels gratuits comme concurrents directs et crédibles de MicroSoft. Le stand Corel et les démos d'Internet en Action furent littéralement envahis par des nuées de visiteurs. Il reste néanmoins une appréhension dans les entreprises par rapport à une mouvance qu'elles comprennent mal. Ici, l'idée est de créer une plate-forme de démonstration permanente, de formation et d'appui pour les entreprises, institutions ou individus qui voudraient franchir le Rubicon sans trop d'angoisses.
  3. Les bornes d'information interactives ont rencontré un certain succès puisque, selon la société Mediapolis qui les commercialise, c'est plus de 4'000 requêtes qui ont été formulées sous forme de mots-clés. Pourquoi ne pas développer le concept en élargissant la base de données à tout ce qui peut intéresser une communauté donnée? Les bornes de Computer offraient la totalité des informations concernant Computer. Mais OSCAR n'informe les habitants et visiteurs de l'EPFL que très partiellement. Et il n'existe aucun système d'information complet pour les habitants et visiteurs de communes, villes, régions. Il y a là un potentiel de développement proche de l'infini.
  4. Toujours à propos d'information, OSCAR et les autres bornes n'offrent actuellement que des informations ayant une certaine durée dans le temps. Pourquoi ne pas compléter l'offre avec des informations en continu? Le succès du Journal de Computer, aussi bien sur le plan technique que du point de vue du contenu, nous incite à imaginer que tout système d'information devrait pouvoir être complémenté par un tel journal multimédia. Ainsi, nous pourrions très facilement imaginer un Journal de l'EPFL, avec des flashes d'information concernant les séminaires, l'interview de visiteurs célèbres, des annonces concernant des modifications d'horaires ou tout autre type d'annonces importantes. Ce Journal pourrait être diffusé sur les bornes, mais aussi sur Internet en streaming, et le best of pourrait être archivé pour servir à l'élaboration de publications sur papier, sous forme de CD-ROM, etc. ce qui constituerait la mémoire de l'institution.
  5. Plus immédiat encore: la diffusion en temps réel d'événements tels que discours, séminaires, concerts,... Qui dit temps réel dit utilisation de la technique du multicast si on veut éviter l'encombrement excessif des lignes de communication. Internet en Action en a démontré la faisabilité à l'aide des émissions de Fréquence Banane, acheminées depuis l'EPFL jusqu'à Beaulieu grâce à la collaboration de Switch. Une utilisation à grande échelle suppose toutefois que les prestataires de service Internet se rendent compte de l'attrait de ce type de services, ce qui n'est malheureusement pas encore le cas en Europe. Mais cela ne saurait tarder, sûrement... (méthode Coué)

Ce dernier sujet en particulier montre en quoi un salon comme Computer reste indispensable: aussi bien le public consommateur que les prestataires de service peuvent y réaliser en quelques minutes à quel point l'Europe et la Suisse continuent d'accumuler du retard par rapport aux US. Sacrebleu, il est grand temps de se bouger...(méthode secouée)!

Si l'une ou l'autre des idées exprimées dans cet article ont agité en vous une fibre émotionnelle ou intellectuelle, n'hésitez pas à contacter le soussigné. Toutes les suggestions seront appréciées, et tous les souhaits de participation à ces projets sont les bienvenus.


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© FI-5-00 du 13 juin 2000