FI/2/00

Toutes les pistes mènent (désormais) au DVD

Francois.Roulet@epfl.ch

Préambule

Le succès planétaire du Disque Compact Audio a suscité l'intérêt d'un consortium d'entreprises leader pour définir son successeur, son correspondant vidéo, appelé DVD ou Digital Versatile Disk.

L'objectif de cet article est de présenter la première déclinaison à intérêt professionnel de ce nouveau média, le DVD-RAM, après avoir brièvement présenté le DVD-ROM.

Historique

Depuis 1995 déjà, le consortium DVD, composé des dix plus grands protagonistes du domaine multi-média, s'est réuni pour définir les spécifications du standard DVD, qui est entré dans notre environnement privé il y a une année, avant même de conquérir l'environnement professionnel.

Membres

Les premières définitions du standard DVD remontent à 1995, et ont étés finalisées à la fin 1997, pour atteindre la diffusion des premiers films sur DVD en 1998.

Naturellement que l'extension de ce média au monde professionnel était subordonnée à la possibilité d'écriture, apparue initialement avec le DVD-RAM.

Relevons qu'une première en matière de diffusion de données autres que visuelles fut la publication par Apple de sa MacOS Anthology, regroupant sur 8 DVD-ROM la collection complète de tous les systèmes d'exploitation Macintosh dans toutes les langues, ainsi que toutes les fiches techniques des produits.

Tirant parti de la leçon du CD, apparu en 1982, le consortium a de suite jeté les bases d'un média polyvalent, d'où le V de Versatile. En effet, le CD-ROM que nous connaissons tous, est une structure greffée sur le CD-Audio, qui à l'origine n'avait pas été prévu pour mémoriser des données informatiques. Ce n'est donc que par la suite en 1985 qu'une architecture a été adoptée pour supporter les données informatiques, avec de surcroît plusieurs systèmes de fichiers.

Heureusement, le DVD est né avec toutes les ouvertures possibles, bien que destiné en priorité au marché de la vidéo numérique, dévoreuse de capacité de stockage, de la même manière que l'audio numérique l'était en 1982. Précisons pour affiner la comparaison que contrairement au CD Audio dont le flux sonore est enregistré de façon brute, le flux de données vidéo du DVD est comprimé, et seulement 3% de l'information réelle y est mémorisée, rendant possible l'enregistrement de 2 heures de séquence par couche.

Afin d'assurer le stockage des données, le consortium a dès le départ tenu compte de la polyvalence indispensable de ce média, et défini le format UDF (Universal Disk Format), qui est commun à tous les systèmes d'exploitation. Mais vous êtes libres de lui préférer des systèmes de fichiers propriétaires tels que HFS d'Apple ou FAT de Microsoft, au détriment de l'interopérabilité.

En ce qui concerne la compatibilité, tous les lecteurs de DVD lisent tous les CD, excepté malheureusement les CD-RW. Le terme générique DVD est décliné en:

Description

Physiquement, le DVD, ce nouveau média ressemble à s'y méprendre à son prédécesseur, avec ses 12 centimètres de diamètre, et sa lecture optique par faisceau laser. Un détail toutefois: le CD ne possède qu'une seule piste en spirale partant du centre comme un disque vinyle, alors que le DVD comporte des pistes concentriques comme un disque magnétique, avec une densité constante, donc plus de secteurs sur les pistes extérieures.

http://www.lacie.com/cddvd/images/cdSPIRAL.gif

Naturellement, la densité d'information spatiale exige de réduire la longueur d'onde de la source lumineuse de lecture, et passer de l'infrarouge au rouge visible.

http://www.sel.sony.com/SEL/consumer/dvd/media/about_feat05pic.gif

Hormis cette augmentation de densité, le DVD peut être double face, (dans ce cas il faut retourner le disque au milieu de la projection comme au bon vieux temps du vinyle), multicouche (2 couches par face), ou les deux, ce qui donne respectivement les capacités de stockage suivantes:

AppellationModeCapacitéDurée
DVD5Simple couche, simple face:4.7 GB133'

http://www.sel.sony.com/SEL/consumer/dvd/media/about_feat06pic1.gif

AppellationModeCapacitéDurée
DVD9Double couche, simple face: 8.5 GB240'

http://www.sel.sony.com/SEL/consumer/dvd/media/about_feat06pic2.gif

AppellationModeCapacitéDurée
DVD10Simple couche, double face:9.4 GB266'

http://www.sel.sony.com/SEL/consumer/dvd/media/about_feat06pic3.gif

AppellationModeCapacitéDurée
DVD18Double couche, double face:17 GB481'

http://www.sel.sony.com/SEL/consumer/dvd/media/about_feat06pic4.gif

Remarque: La seconde couche est légèrement moins dense que l'extérieure d'environ 1 GB

DVD-RAM

Le DVD-RAM est la première variante inscriptible du DVD, dont le disque est encapsulé dans une cassette et sa capacité par face est limitée à 2.6 GB, soit 5.2 GB en version double face, exigeant dans ce cas le retournement de la cassette pour accéder aux données de la seconde face.

En revanche, il n'est pas possible d'écrire sur deux couches, et par conséquent la capacité est inférieure à celle d'un DVD-ROM.

L'écriture s'opère par changement de phase de la structure de la surface, selon la température de fusion, donc la rapidité de refroidissement qui en découle.

Lors de l'écriture, la surface est fortement chauffée par le faisceau laser, ce qui entraînera après son passage un brutal refroidissement, empêchant la recristallisation de la structure, laissant par la même une structure amorphe, dont la présence sera décelée aisément par la faible réflexion du faisceau laser de lecture.

À l'opposé, lors de l'effacement, un faisceau de plus faible intensité re-liquéfie la surface, mais le processus de refroidissement plus lent permettra à la structure de se recristalliser, détectable par une bonne réflectivité.

Cet article souhaite insister sur la particularité intéressante de la version simple face de ce média, c'est-à-dire la cassette de type II à 2.6 GB, dont le disque est amovible, contrairement à la version double face 5.2 GB.

En effet, si son écriture exige un lecteur approprié, sa lecture quant à elle, peut alors se faire dans n'importe quel lecteur de DVD-ROM de la quatrième génération (diffusés depuis l'été 1999), après avoir préalablement extrait le disque DVD-RAM de sa cassette par une trappe prévue à cet effet au dos. (Voir figure sur la première page).

Depuis la fin de l'an passé, nous avons pu constater que les lecteurs de DVD ont supplanté les lecteurs de CD dans quasiment toutes les configurations d'ordinateurs, professionnels ou privés. Apple ne livre désormais plus aucun lecteur de CD depuis le mois de novembre passé, à l'exception du iMac entrée de gamme.

De cette façon, nous disposons en quelque sorte de l'équivalent du CD-RW en capacité DVD.

La rapidité d'écriture n'est pas franchement meilleure par rapport aux derniers modèles de graveurs, puisqu'elle est de 1.4 MB/s, contre les 1.2 MB/s (écriture CD-RW 4x) et 2.4MB/s (écriture CD-R 8x) des graveurs de CD. L'écriture d'une face entière du DVD-RAM nécessite approximativement 1/2 heure.

Mais la possibilité de pouvoir relire ce média réinscriptible dans un aussi large auditoire en assure la diffusion, et c'est sans doute pour cette raison que Apple a intégré le lecteur de DVD-RAM dans ses PowerMac haut de gamme depuis l'été passé, sachant qu'une bonne part de sa clientèle se recrute dans la prépresse, qui est par essence gourmande en espace disque.

Une raison pour que le DVD-RAM sonne le glas des anciens disques magnéto-optiques qui, eux, exigent un lecteur approprié.

Parlons tout de même prix, le lecteur de DVD-RAM externe coûte actuellement 1'200.-, et la cassette 2.6 GB simple-face 30.-

x pas compatible
v compatible (en lecture seulement)
* le décodeur MPEG-2 est exigé
Table de compatibilité:

http://www.lacie.com/scripts/cddvd/dvdinfo3.cfm

Futur

La concurrence au DVD-RAM s'installe, mais malgré des annonces répétées, les propositions de DVD-R et DVD-RW tardent encore. En attendant, elles font le succès des salons multimédia, tel que le dernier CeBIT à Hanovre le mois passé. La capacité des 4.7 GB est déjà promise, ce qui le mettra à la hauteur des DVD-ROM simple couche. C'est en tout cas ce que le constructeur Pioneer a annoncé à Noël passé, avec un appareil pouvant se substituer à un magnétoscope dans la chaîne télévisuelle de salon.

Conclusion

Cet article n'a pas abordé les aspects vidéo, à savoir les formats d'enregistrement, la protection territoriale, l'encryptage des séquences et le son Dolby. Ceci fera ultérieurement l'objet d'un autre article consacré à ce très vaste sujet.

Référence

http://www.licensing.philips.com/dvdsystems/dvdspecs.html


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© FI-3-00 du 4 avril 2000